Réalisé dans une usine désaffectée en France, ce graffiti s’inscrit dans un lieu marqué par l’abandon et le passage du temps.
L’endroit avait une atmosphère particulière : une ancienne usine vidée de sa fonction, où le temps avait laissé l’abandon faire son travail. Les murs délabrés portaient les traces de l’usure, de l’humidité et des années passées. La peinture s’écaillait par endroits, les couleurs s’effaçaient peu à peu, laissant réapparaître la matière brute du mur.
Cette dégradation naturelle créait une texture unique, presque picturale. Les couches de peinture anciennes, les fissures, les traces, les zones effacées et les surfaces abîmées formaient déjà un décor en soi. Pour un graffeur, ce type de mur devient un support idéal : il ne s’agit pas seulement de peindre sur une surface, mais de dialoguer avec un lieu, avec son histoire et ses marques.
J’ai choisi d’y réaliser un graffiti de type flop, avec des lettres rondes, souples et généreuses. Ce style apporte une présence directe, lisible et spontanée, tout en contrastant avec la dureté du décor industriel.
Le dernier idéogramme est personnifié, transformé en petit personnage expressif. Avec son regard, sa bouche et sa bulle de texte en coréen signifiant « J’ai faim », il apporte une dimension dessin animé, légère et humoristique à l’ensemble. Ce contraste entre le lieu abandonné, brut et silencieux, et le côté vivant, presque enfantin du personnage, donne au graffiti une énergie particulière.
L’œuvre joue ainsi entre ruine et couleur, abandon et mouvement, mur usé et personnage animé. Le graffiti vient réveiller un espace oublié, en ajoutant une présence joyeuse et décalée au cœur d’un décor marqué par le temps.
2m X 4m
Graffiti sur mur, bombes aérosols