Cette photo capte Itaewon au moment où la ville devient lumière. La pluie transforme la rue en miroir : l’asphalte renvoie les néons, les vitrines et les couleurs comme une seconde scène posée au sol. Au centre, l’enseigne TIKITAKA agit comme un phare — une façade lumineuse qui attire le regard et organise toute l’image. On devine les silhouettes sous les parapluies, la circulation, les reflets bleus et roses : un instant très urbain, vivant, presque cinématographique.
Le titre “Tika tika” n’est pas qu’un nom : il fait écho à une expression coréenne souvent associée au fait de “se parler”, “échanger”, “faire aller le dialogue”. Dans l’usage courant, on retrouve l’idée de discussion fluide, de va-et-vient dans la conversation — un rythme social, comme un ping-pong. C’est exactement ce que cette image suggère : une ville qui parle en couleurs, en signes, en passages, en rencontres. Itaewon, avec ses néons et ses langues qui se croisent, devient ici un décor parfait pour cette idée de lien.
Mais cette photographie porte aussi une histoire très personnelle. Pendant un voyage de groupe réunissant une centaine d’adoptés, ce lieu est devenu un point d’ancrage inattendu. Alors que d’autres bars restaient vides, on se retrouvait ici chaque soir, naturellement. C’était plus simple pour se rejoindre, plus évident pour se repérer : un point de rendez-vous stable au milieu d’une ville immense. Pendant cinq jours, “Tika tika” a été notre repère — un endroit où l’on revenait, où l’on se recroisait, où le collectif se formait sans effort.
Au final, l’image parle autant de Séoul que de ce que Séoul permet : la rencontre. Un lieu éclairé dans la nuit, une rue mouillée, et une enseigne qui devient une boussole. Une mémoire de voyage, de groupe, de présence — fixée dans la lumière et les reflets.
Cadre : 40X60cm Oeuvre : 25X40cm
Photo papier Fuji 240g - Format Portrait