Minhwar a été présenté lors de l’événement organisé par PUAC, à la Maison de la Corée, dans le cadre d’une journée de commémoration et de réflexion autour de la paix et de la mémoire des liens franco-coréens.
PUAC (Peace and Unification Advisory Council) est une organisation engagée pour la réunification pacifique de la Corée, qui mène des actions de sensibilisation, de dialogue et d’échanges culturels afin de soutenir la paix entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.
Dans ce contexte, Minhwar (inspiré des peintures traditionnelles coréennes minhwa) propose une lecture symbolique : détourner des codes culturels et populaires pour questionner l’histoire, la guerre et l’espoir d’un futur où les fleurs — plutôt que les armes — deviennent les seules victorieuses.
Le tableau est inspiré des tableaux traditionnels coréens (minhwa – 민화 ), ici de type Chaekgeori – 책거리 (peinture de natures mortes dont le sujet dominant est le livre), le titre a un « r » en plus pour le jeu de mot « war » guerre.
La guerre des fleurs est la traduction du jeu populaire « Hwatu – 화투», on y retrouve plusieurs références au jeu : l’oiseau, le Chapeau « Beonggeoji – 벙거지», le parapluie, les vases avec les pins et la grenouille.
Le Hwatu est aussi un jeu populaire familial mais aussi très controversé pour sa réputation lié au jeu d’argent. Son histoire aussi a été polémique avant de s’inscrire incontestablement dans la culture coréenne.
Pour anecdote : Le chapeau « Beonggeoji » a été remplacé sur la carte de l’homme au parapluie, afin d’éliminer la connotation avec le calligraphe japonais. La grenouille sur la carte est le symbole de la persévérance. L’anecdote raconte que l’homme au parapluie vit une grenouille essayant de manger un insecte sur un saule. Voyant la grenouille tomber, et encore tomber, avant de finir par réussir, il apprit la valeur de la persévérance.
Le chapeau « Beonggeoji » est un style de couvre-chef traditionnel coréen de la période Joseon qui s’est répandue dans tout le pays après la guerre d’Imjin (1592-1598) et la deuxième invasion mandchoue de la Corée (1636).
Le chapeau peut également faire penser à celui de Magritte, célèbre peintre du surréalisme, qui peignait par exemple des sirènes avec une tête de poisson et des pieds humains, des chaussures avec des orteils… Le pistolet avec un canon en fleur, fait référence à cette période et par la symbolique signifie la paix, « Faites la paix, pas la guerre ».
Le pistolet de type Nambu de type 14, populaire et utilisé pendant de nombreuses guerres en Asie jusqu’en 1945. Par exemple, les forces armées de la résistance coréenne anti-japonaise étaient armées principalement avec certains trophées japonais dont cette arme. On peut voir également cette arme dans certains films.
Les « pêches » récurrentes dans la peinture minhwa, et par leur symbolique entre en résonance avec l’adage de 1960 « Faites l’amour pas la guerre ».
La pie habituellement présente dans les peintures minhwa est remplacée par le rossignol présent sur l’une des cartes du jeu « Hwatu », l’homme ordinaire représenté par la pie est devenu un rossignol symbole de printemps et de renouveau.
Toutes ces références permettent de réfléchir et de se rappeler différentes parties de l’histoire, mais où à l’avenir le seul vainqueur devra être les fleurs. En Corée, la pivoine est considérée comme un symbole de paix et de prospérité. Durant la période de la dynastie Joseon, cette fleur s’est imposée comme un motif incontournable dans la vie de la cour royale.
80x50cm
Tableau 3D sur châssis - Papier hanjji en feuille de murier collé, peinture acrylique et feutres, aérosols… technique mixte